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*Toujours faire face à la même absurdité. La mienne. La sienne. Se retenir de rire comme de pleurer. Ne pas s'exprimer librement. Être esclave du bon sens populaire. Et la pluie qui tombe sans erreur. Sans hésitation. Et sans arrêt. S'arrêter pour revivre le passé. S'arrêter pour éviter l'avenir. Se sentir coincé. Ne pas voiloir décevoir. Penser, toujours penser aux autres sans que les autres ne s'en apperçoivent. Se sentir abandonné. Et pleurer sans vergogne sur le sort d'une pauvre feuille. Qui tombe, tombe, tombe sans s'en appercevoir. Vivre le monde à sa façon. Ne pas se rendre compte du temps qui passe. Rêver à d'autres futurs. A d'autres alternatives. Toujours vouloir. Ne jamais y croire. Souvent oublier. Volontairement. Et par conséquence. La bouteille. Ou l'herbe. L'acide. Les pillules. Et la poudre. Toujours chercher plus loin. Toujours voir plus grand. Pour mieux retomber. Pour mieux s'écraser. Penser à toi. Sans cesse. Parce que tu n'es plus là. L'appartement vide. Les murs chuchotent. L'eau bouillonne. Tout est vivant. Tout se réveille. Les sons, les couleurs. Tout se mélange. Je pars sans toi. Ailleurs, quelque part où tu n'es pas. Où tu n'as jamais été. L'amour du tout. L'amour du rien. L'amour du toi. Il pourrait faire beau. Le soleil n'est plus là. Je marche dans tes pas. J'essaie de tout reconstruire. Il fait froid. Il fait chaud. Il ne fait plus rien sans toi. Loin dans mes rêves, je survis à tout ça. Le ciel n'est qu'un fouillis de soie et de coton. Le sol n'est qu'un enchevêtrement de toi et de moi. L'ombre du vent. Imperceptible. Et invisible. L'ombre du rien. L'ombre de tout ce qui n'est pas. Et lui qui s'en va. Les fleurs sont belles aujourd'hui. Demain elles seront peut-être le cri de mon deuil. S'il part, je n'en reviendrai pas. La phase terminale d'une vie trop courte. Beaucoup trop courte. Trop injuste et beaucoup trop triste. L'humour noir de la création. Le vice du mal. Tout est foutu. Tout s'enfouit au plus profond de moi-même. Comme le plus profond des secrets. A ne jamais oublier. Mais à ne jamais penser. Savoir se souvenir de toi. Comme d'un inconnu au milieu de la foule. Ne pas pleurer. Mais ne pas rire. Se contenir sans faiblir. Et courir, courir dans le fond du néant. Se réfugier à l'ombre du vent. Pour ne pas étouffer sous le chagrin d'un être aimé qui s'en va pour mourir.
Imaginer une fin heureuse au malheur du monde. Affubler la supercherie d'un ridicule appauvri. Rire de tout. Rire pour ne pas pleurer. Se taire pour ne pas s'étaler. Ne pas y penser. Se taire pour condamner à tout jamais mes larmes. Se taire pour ne pas se sentir concerné. Se taire pour toi. Pour moi. Silence radio. Et l'Homme marche sur la lune. Alors qu'il ne sait pas où il met les pied sur Terre. La force incontrôlable de la nature. Et l'ombre du vent.
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